Publié par : rebuildbabel | février 26, 2008

Danser sur les ruines

Définitivement, je n’ai rien inventé. Michaux, Artaud et les surréalistes, les poètes et autres l’ont fait avant moi. J’écris pour ma santé, ma santé mentale. Je me répète, certains l’ont déjà entendu. Mais je viens de vous le dire, je n’ai rien inventé. Ces pages qui viendront seront d’abord pour moi, pour avoir toujours un espace un tant soit peu créatif dans ma courte vie. On n’y trouvera pas toujours ce qu’on y voudra, ce sera souvent le foutoir, mais ça aura le mérite de représenter comment ça fonctionne dans cette petite tête. Une brocante. Une braderie. Je suis un bradeux, un brocanteur. Vous le savez peut-être, je suis du pays des brocantes, ces rassemblements à peine improvisés de vendeurs de bric-à-brac, qui sans honte affichent, présentent aux badaux et même essaient de leur vendre leur richesse superflue, ou leur misère inutile, à même le sol, à même la rue. Dans cette région, tout est bon pour se soulager de ce qui vous encombre, alors quand l’occasion se présente, on s’en débarasse et à vil prix. Je fais de même, au vu et au su de tout le monde, sans pudeur, et gratuitement même. Certains préfèrent la confidentialité des lettres groupées destinées à une liste prédéfinie de potentiels lecteurs, avec des envois qui contiennent la beauté d’une bouteille à la mer, envoyée régulièrement, avec l’espoir d’un retour, d’une réponse ou plusieurs, qui parfois n’arrivent jamais. Ici, pas de ça. Juste des mots lancés, sur tous thèmes, à tue-tête, sur ce qui passe. En gros, j’essaie de recoller les morceaux, les morceaux de cette grosse machine qui m’entoure, cette grosse machine qui m’active les neurones, sans jamais totalement la comprendre. Ce sera donc un point d’ancrage, un repère, attaché à peu de choses dans cet océan de pages qui s’affichent sur nos écrans. Mais ici, j’essaie de faire un état des lieux, mon état des lieux, celui qui rassemble les bouts de ma vie, et celles des autres, un peu aussi. C’est ça danser sur les ruines. Vous l’aurez compris, le point de départ, c’est une façade qui s’écroule, et qui s’est déjà presque écroulée. Après la guerre, personne n’a empêché les gens de danser sur les ruines pour fêter la fin du carnage, pour se soulager de ces longs instants de tension, de peur, d’incertitude. Moi aussi, je veux danser sur ces ruines, sur nos ruines. Et le projet après tout ça, c’est reconstruire. Reconstruire en dépassant tout ce qui a échoué, avec beaucoup d’ambition, question au moins d’obtenir un résultat minimum.


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